Skip to Content
logo
Partager cette page

Énergie : Faire des affaires au Canada 2026


22 septembre 2026Publication

Ce chapitre fait partie de notre guide Faire des affaires au Canada, qui vise à aider les investisseurs internationaux à mieux comprendre les considérations juridiques, réglementaires et stratégiques qui influent sur les décisions d’investissement, l’exécution des transactions et le succès à long terme au Canada.


Énergie

Les importantes ressources naturelles du Canada, alliées à la stabilité institutionnelle, aux capacités techniques et à un accès au capital à long terme offrent de nombreuses opportunités dans les secteurs de l’énergie conventionnelle, de la production d’électricité et du transport de celle-ci, des technologies de transition et des infrastructures connexes.

Le secteur de l’énergie du Canada est diversifié, car il est l’un des plus grands producteurs de pétrole et de gaz naturel, dispose d’une capacité d’exportation croissante de gaz naturel liquéfié (GNL), possède une capacité hydroélectrique étendue et continue de soutenir les investissements dans la production d’électricité à partir de gaz naturel, les énergies renouvelables et l’énergie nucléaire. Le paysage énergétique englobe également le captage, l’utilisation et le stockage du carbone (CUSC), l’hydrogène, le stockage par batterie , l’électrification et la décarbonation industrielle. Cette diversité crée plusieurs points d’entrée pour les investisseurs et les promoteurs de projets.

Le Canada est également bien connecté au capital mondial. Les investisseurs internationaux participent depuis longtemps au secteur de l’énergie canadien dans le cadre d’acquisitions d’actifs, de coentreprises, du développement de projets, de financements de projets, de fonds d’infrastructure, d’investissements stratégiques et de la mise en valeur des ressources liée à des ententes d’écoulement. Ce schéma devrait se poursuivre à mesure que le Canada accroît sa capacité d’exportation, modernise ses réseaux d’électricité et aménage de nouvelles infrastructures énergétiques.

Le Canada est mieux compris comme un marché stable, mais procéduralement complexe. Le cadre juridique est généralement prévisible, mais les projets nécessitent souvent des approbations soigneusement planifiées auprès de différents paliers de gouvernement, une mobilisation continue des parties prenantes ainsi que la consultation et l’accommodement des Autochtones.

Aperçu du secteur

Marché du pétrole, du gaz et du GNL

Le pétrole et le gaz sont au cœur de l’économie canadienne et de son rôle sur les marchés mondiaux de l’énergie. L’Ouest canadien est le principal centre de développement en amont, d’infrastructures intermédiaires et d’investissements orientés vers l’exportation. Pour les entreprises étrangères, les opportunités s’étendent au-delà de la production d’actifs pour inclure les infrastructures, la transformation, le transport, les services, le CUSC et d’autres initiatives de réduction des émissions ainsi que des projets d’exportation intégrés.

Les sables bitumineux continuent de dominer la production au Canada, mais il existe un potentiel de croissance important lié aux formations non conventionnelles de schiste et de réservoirs étanches à haut rendement comme la formation Montney, la formation Duvernay et le bassin de la Horn River, la formation Montney étant l’une des plus grandes ressources au monde. Un défi majeur pour le secteur pétrolier et gazier demeure la capacité d’exportation limitée, en particulier vers les marchés mondiaux en dehors des États-Unis.

Le GNL est une partie importante d’un contexte en évolution, car il change la façon dont les investisseurs internationaux évaluent le gaz naturel canadien. Le Canada dispose depuis longtemps d’une importante base de ressources, et la mise en valeur du GNL crée un lien plus direct entre la production nationale et la demande étrangère. Le début des premières exportations de GNL du Canada en juin 2025 a été une étape importante. À mesure que la capacité d’exportation croît, les entreprises étrangères pourraient trouver des opportunités dans la fourniture de gaz d’alimentation, la liquéfaction, l’achat de GNL, les coentreprises, les infrastructures de soutien et le financement connexe.

Production d’électricité : gaz naturel, énergies renouvelables et énergie nucléaire

Au Canada, chaque province a son propre mélange de types de production, profil de demande, structure réglementaire, processus d’approvisionnement et modèle de service public. Pour les entrants étrangers, les marchés de l’électricité et la réglementation diffèrent considérablement d’une province ou d’un territoire à l’autre.

La production d’électricité à partir du gaz naturel demeure importante dans plusieurs territoires ou provinces en tant que source de capacité fiable et répartissable. L’énergie renouvelable continue d’attirer des investissements, en particulier lorsque les gouvernements provinciaux ou les exploitants de réseaux assurent l’approvisionnement ou font progresser la décarbonation. L’énergie nucléaire demeure également une part importante du marché canadien, en particulier en Ontario (qui construit le premier petit réacteur modulaire du G7 et est en train de rénover ses installations nucléaires existantes).

Pour les entreprises internationales, le secteur de l’énergie canadien offre des opportunités dans les infrastructures réglementées ou quasi réglementées, les actifs à long terme sous contrat, les plateformes de développement, le déploiement de technologies et les partenariats avec les services publics, les autorités publiques et les utilisateurs industriels.

Opportunités liées à la transition : CUSC, hydrogène et stockage par batterie

L’économie de transition du Canada connaît une évolution rapide. Le CUSC est devenu un domaine d’intérêt important, en particulier dans des régions comme l’Alberta, où les émissions industrielles sont concentrées, la géologie est appropriée et le soutien politique est présent. L’hydrogène continue d’attirer l’intérêt des secteurs public et privé, en particulier lorsqu’il peut soutenir la décarbonation industrielle, les débouchés d’exportation ou le transport lourd. Les systèmes de stockage d’énergie par batterie prennent de plus en plus d’importance alors que les provinces recherchent plus de flexibilité, de résilience et d’intégration à l’égard de la production renouvelable variable.

Ces secteurs peuvent être attrayants pour les entrants étrangers, car ils valorisent l’expertise technique, la structuration innovante et la familiarisation avec les régimes de réglementation en voie d’élaboration. Comme dans d’autres marchés de l’énergie avancés, l’architecture juridique et commerciale des projets de transition est encore en évolution, et le calendrier peut être aussi important que la technologie.

Les entreprises étrangères devraient évaluer ces opportunités avec soin. Les incitatifs, les droits d’interconnexion, les ententes d’écoulement, les processus de délivrance des permis et les relations avec les services publics peuvent déterminer si un projet peut être financé. Les investisseurs patients et disposant de solides partenariats locaux pourraient trouver au Canada une plateforme utile pour une participation précoce et évolutive dans les infrastructures énergétiques de nouvelle génération.

Centres de données et demande croissante en électricité

L’infrastructure numérique façonne de plus en plus la planification de l’électricité au Canada. Les centres de données, en particulier ceux liés à l’intelligence artificielle et à l’informatique à grande échelle, attirent une attention accrue sur les plans de la croissance de la charge, de l’expansion du réseau et de la politique de connexion.

La Société indépendante d’exploitation du réseau d’électricité de l’Ontario, par exemple, prévoit une demande à long terme plus élevée provenant des centres de données et désigne les installations liées à l’IA comme étant un facteur de cette hausse. En juillet 2025, les centres de données avaient demandé une nouvelle charge de 6 500 MW, soit environ 30 % de la demande de pointe de l’Ontario en 2024. D’ici 2035, on prévoit que le secteur des centres de données représentera environ 13 % de la nouvelle demande d’électricité en Ontario. Pour répondre à cette hausse prévue, l’Ontario a adopté des mesures législatives pour certaines « installations de charge précisées », y compris les centres de données, selon lesquelles le raccordement initial ou subséquent peut être évalué en fonction de facteurs tels que l’impact économique, la création d’emplois et l’intensité énergétique.

En Colombie-Britannique, en vertu du projet de loi 31 intitulé Energy Statutes Amendment Act, la Colombie-Britannique et BC Hydro ont lancé en janvier 2026 un processus d’attribution concurrentiel pour gérer la demande d’électricité liée à l’expansion de l’IA et des centres de données dans la province. Les projets potentiels de centres de données doivent participer à un processus de sélection concurrentiel administré par BC Hydro. Le processus vise à soutenir la nouvelle expansion tout en préservant la capacité de production d’électricité pour les industries établies.

L’Alberta s’est positionnée comme un centre d’infrastructure pour l’IA tout en introduisant des limites provisoires aux raccordements visant une charge importante. En juin 2025, l’Alberta Electric System Operator a annoncé une stratégie de connexion en deux phases, incluant une limite provisoire unique de 1 200 MW pour les projets de charge de 75 MW ou plus qui ne nécessitent pas de renforcement ou de mise à niveau du nouveau système de transport. Une deuxième phase devrait établir un cadre à plus long terme abordant les nouvelles normes de fiabilité, la refonte des tarifs, les révisions de la répartition des coûts et les prévisions mises à jour.

Cadre légal et réglementaire

Rôles du fédéral et des provinces

La structure constitutionnelle du Canada est au cœur de la réglementation énergétique. Les provinces ont compétence exclusive pour légiférer sur la prospection des ressources naturelles non renouvelables de la province, l’exploitation et la gestion de ces ressources, ainsi que sur les sites et installations de la province servant à la production d’énergie électrique. En somme, la législation provinciale régira souvent les activités pétrolières et gazières en amont, la production d’électricité et de nombreuses formes d’infrastructures énergétiques.

La législation fédérale demeure néanmoins importante, notamment lorsqu’un projet fait l’objet d’une évaluation d’impact fédérale et concerne les pêcheries, la navigation, la réglementation de l’énergie nucléaire, le développement des régions extracôtières, les pipelines et gazoducs interprovinciaux, les exportations, les droits des Autochtones, le droit de la concurrence et l’examen des investissements étrangers. Un projet peut donc être principalement soumis aux lois et organismes provinciaux, tout en nécessitant des approbations fédérales importantes.

Pour les entreprises étrangères, l’analyse liée à la réglementation au Canada devrait commencer par porter sur le projet particulier, son emplacement et le processus d’approbation, plutôt que sur des hypothèses nationales générales.

Des approbations simplifiées, mais une complexité persistante

Le Canada cherche à améliorer la réalisation des grands projets. Les récentes mesures fédérales ont favorisé un modèle « un projet, une évaluation » visant à réduire les chevauchements entre les paliers de gouvernement et ont décrit le Bureau des grands projets comme un point central pour la coordination des approbations et du financement des grands projets. Ces mesures sont des signaux politiques importants, en particulier pour les investisseurs internationaux préoccupés par les délais et les chevauchements entre les processus fédéraux et provinciaux.

Cela dit, les approbations pour les projets énergétiques au Canada peuvent toujours être longues à obtenir et sont toujours très dépendantes des faits propres à chaque cas. La complexité peut résulter du nombre d’organismes de réglementation concernés, des impacts environnementaux et sociaux en jeu, des dépendances liées aux infrastructures, des exigences en matière de consultation et d’accommodement des Autochtones, du contrôle public ou du risque de litige. Dans de nombreux cas, la principale question sur le plan commercial n’est pas de savoir si un projet est légalement possible, mais s’il peut être approuvé et mis sur pied dans un délai qui soutient la thèse de l’investissement.

Consultation des Autochtones et partenariats avec eux

Les droits des peuples autochtones sont une caractéristique centrale du développement du secteur de l’énergie canadien. Le gouvernement a l’obligation de consulter et, s’il y a lieu, d’accommoder les groupes autochtones quand il prend des décisions susceptibles d’avoir une incidence préjudiciable sur leurs droits ancestraux et les droits issus de traités revendiqués ou établis. En pratique, les promoteurs de projets mènent la consultation en tout ou en partie, bien que le gouvernement demeure en fin de compte responsable de s’assurer que la consultation est adéquate.

Pour les investisseurs étrangers, les questions autochtones ne devraient pas être traitées comme une simple question de conformité. Ils sont souvent essentiels à la conception du projet, à l’échéancier de la transaction, à la stratégie des parties prenantes et à la résilience à long terme du projet. Dans de nombreuses régions du Canada, les communautés autochtones ne sont pas seulement des titulaires de droits devant être consultés, mais aussi des détenteurs éventuels d’une participation dans les projets, des fournisseurs de services, des employés, des hôtes et des contreparties commerciales.

Le succès de la mise en place de projets dépend d’un engagement précoce, respectueux et commercialement informé auprès des communautés autochtones. Une approche réactive ou purement procédurale peut être source de retards et de frictions. Une approche stratégique peut améliorer la certitude d’un projet et soutenir l’exploitation à long terme du projet.

De plus en plus, les groupes autochtones participent à des projets par des partenariats sous forme de prises de participation avec les promoteurs de projets. Le gouvernement fédéral et plusieurs gouvernements provinciaux ont créé des programmes de garantie de prêts pour les Autochtones afin de faciliter ces investissements. Bien que complexe, la prise de participation des Autochtones peut favoriser l’alignement des objectifs, soutenir la croissance future et atteindre les objectifs de réconciliation.

Entrée sur le marché

F&A, coentreprises et élaboration de projet

Il n’existe pas de voie unique pour accéder au secteur de l’énergie au Canada. Les entreprises étrangères entrent d’habitude sur le marché dans le cadre d’acquisitions d’entreprises ou d’actifs établis, d’investissements minoritaires stratégiques, de coentreprises, d’accords d’affermage, de partenariats de développement et d’investissement en installations nouvelles . Le moyen le plus approprié dépend des objectifs de l’investisseur, des capacités d’exploitation et de la tolérance au risque lié à l’exécution.

L’entrée par voie d’acquisition peut offrir un accès immédiat aux actifs, aux équipes de gestion, aux permis, aux contreparties et à l’expertise locale. Les coentreprises peuvent être préférables lorsqu’un partenaire local offre une connaissance de la réglementation, une capacité technique, des relations de marché ou des liens avec les Autochtones ou la communauté qui seraient difficiles à reproduire rapidement. La mise en place directe d’un projet peut offrir un meilleur contrôle et un potentiel de gain plus élevé, mais il entraîne également une plus grande exposition aux risques liés à l’obtention des permis, à la construction et aux parties prenantes.

Pour de nombreux entrants étrangers, la décision d’entrer sur le marché est donc une question de savoir où se situe la valeur entre les facteurs rapidité et contrôle.

Financement de projet et disponibilité des capitaux

Le Canada dispose d’un marché de financement sophistiqué pour les projets liés à l’énergie et aux infrastructures. Les banques nationales et internationales, les fournisseurs de crédit privés, les fonds d’infrastructure, les investisseurs en fonds de retraite et, dans certains cas, le financement soutenu par le gouvernement, jouent tous des rôles importants. Le marché connaît bien les structures de financement de projets, le financement d’acquisitions, les prêts fondés sur les réserves, la dette d’infrastructure et les actifs sous contrat à long terme.

La capacité de financement dépend toujours des fondamentaux du projet. Les prêteurs et les investisseurs se concentreront sur la certitude des revenus, le risque lié à la construction, la qualité des contreparties, la stabilité de la réglementation, les droits en matière de raccordement ou de transport, ainsi que sur la répartition du risque liés aux délais. Dans les secteurs liés à la transition énergétique en particulier, le capital peut être disponible en principe, mais sélectif en pratique.

Le Canada offre aux entreprises étrangères un marché d’investissement dans l’énergie d’envergure, mais complexe. Ses points forts incluent la profondeur des ressources, la stabilité juridique, des marchés financiers sophistiqués, la diversité des secteurs et un besoin croissant d’infrastructures dans les systèmes énergétiques conventionnels et émergents. Ces forces évoluent dans un environnement réglementaire et commercial où la connaissance locale, la discipline de projet et la stratégie des parties prenantes demeurent importantes.

Pour les investisseurs étrangers, le point central est que le Canada récompense la préparation. Une entreprise qui comprend la nature provinciale du marché, le rôle continu de la surveillance fédérale, l’importance de la mobilisation des Autochtones et les réalités pratiques des approbations et des délais sera généralement mieux placée qu’une entreprise qui suppose que la stabilité juridique seule rendra l’exécution simple. 


Pour avoir un portrait complet des principales questions liées à l’investissement, à la réglementation et à certains secteurs clés, lisez le guide Faire des affaires au Canada dans son intégralité.

Le secteur canadien de l’énergie offre d’importantes possibilités aux investisseurs internationaux. Suivez les changements dans ce secteur en vous abonnant au blogue Focus sur l’énergie canadienne.


Obtenez le guide Faire des affaires au Canada

Accédez au guide Faire des affaires au Canada dans son intégralité en format PDF. Cette ressource complète présente les principaux éléments juridiques, réglementaires et sectoriels applicables pour faciliter les investissements, les transactions et les activités sur le marché canadien.

Téléchargez le guide
Obtenez le guide Faire des affaires au Canada

Personnes

  • Kerri Lui
    Kerri Lui

    Associée | Co-cheffe, initiative de défense

    People.Offices.Singular Toronto

  • Peter Danner
    Peter Danner

    Associé | Co‑chef du groupe national Énergie

    People.Offices.Singular Calgary